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The Full Story

                                                                                         Hashomer Hatzaïr de Belgique

                                                                                                         Années 60

                                                       

1913 et 1920 : ces deux années furent respectivement celles des débuts de l’Hashomer Hatzaïr au niveau mondial et de l’Hashomer Hatzaïr en Belgique.

L’histoire de cette organisation, du mouvement comme on avait l’habitude de l’appeler, s’étend sur des dizaines d’années avec des périodes d’expansion et de reflux mais elle constitue en tout état de cause un pan important de celle du sionisme d’une manière générale et de la communauté juive de Belgique en particulier.

Dans la recherche que nous avons menée, nous voulons surtout parler d’une troisième période qui est celle où chacun d’entre nous a rejoint le mouvement. Pour nous tous (pour la grande majorité en tous cas), ce fut le début d’une véritable aventure.

Cet album nous concerne, nous qui formions et étions un mouvement dans les années 60 du siècle dernier. Nous qui avons fait nos premiers pas comme hanikhim de Bnei Hayaar à Bruxelles, rue de la Victoire, à Anvers, Lamorinierestraat, ou à Liège, quai Marcellis.

Nous ignorons si l’HHH (Histadrout Hashomer Hatzaïr) fut « une excellente école de morale prolétarienne » pour reprendre l’expression qui figure dans la préface du livre d’Abraham Léon (ancien dirigeant du mouvement de Bruxelles dans les années 30, passé ensuite au trotskysme) mais ce fut certainement une école de formation intellectuelle et un lieu extraordinaire de mise en pratique du « vivre ensemble ».

Le ken (mot hébreu qui signifie le nid, employé pour définir le local) fut pour beaucoup d’entre nous un second foyer dans tous les sens du terme. Nous y avons passé des jours et des jours (et parfois même des nuits). Durant ces années d’après-guerre, nous venions de maisons authentiquement juives même si nos parents - pour la plupart - n’étaient pas ou plus religieux, ni même traditionalistes.

Ce fut donc au mouvement que nous avons appris les fêtes juives d’une façon nouvelle ou différente, issue de l’expérience kibboutzique : Souccot, Hanoucca et immanquablement le Seder de Pessah. Nous évitions allègrement le Yom Kippour… évidemment (horresco referens, je frémis en le racontant).

La semaine était ponctuée par les réunions du samedi après-midi, du dimanche et, pour les plus âgés, du mercredi après-midi. Et puis, il y avait évidemment les vacances où tous ensemble, Bruxellois, Anversois et Liégeois, nous nous retrouvions aux makhanot (camps de vacances).

Heist en 1959 (première expérience pour Dan et Israël) ; La Salcée ; Rochefort Montagne ; Ettelbruck ; St Mary’s Bay ; j’en passe et des meilleurs… Sans oublier Raversijde, à Pâques durant cinq années consécutives.

Et last but not least, le fondamental premier contact avec la terre d’Israël et le kibboutz pour nous alors âgés de 15 ou 16 ans, en passe de devenir des madrikhim (moniteurs/guides).

Il ne s’agit pas ici de nostalgie pour notre adolescence. Le mouvement a été notre moule intellectuel à travers les sikhot (exposés, débats) et les mishpatim (reconstitution de procès). Qui se souvient encore des procès sur Staline ou le dilemme moral posé par Monserrat ? Plus que tout, ce fut une éducation vers un socialisme humaniste relevé d’une couche de marxisme (pour mémoire les fascicules de Bob Claessens).

 Dans ce contexte, il faut aussi rappeler notre participation aux manifestations anti-atomiques et celles contre la guerre du Vietnam. Et vers la fin des années 60, la lutte active pour le droit à l’émigration des Juifs d’URSS, combat dans lequel nous étions particulièrement engagés au sein de la communauté juive de Belgique. Et enfin, notre participation au travail du comité Israël-Palestine pour le droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

Le mouvement était par ailleurs le lieu des premiers émois amoureux. Pour certains, il en a résulté d’adorables petits-enfants aujourd’hui, par le passage préalable d’enfants… pas moins adorables bien évidemment.

Le mouvement était un « monde entier » où se sont nouées des amitiés qui pour certaines persistent aujourd’hui encore, cinquante ans plus tard, et ce n’est guère chose courante.

Le mouvement fut aussi une école de leadership. Nous y fûmes des madrikhim (moniteurs), rosh ken (responsable du siège local), rosh makhane (responsable du camp de vacances), etc…

Pour les parents que nous sommes aujourd’hui, il est difficilement imaginable et croyable que 2 ou 3 jeunes madrikhim/madrikhot (moniteurs et monitrices) de 17 ou 18 ans pouvaient partir seuls en makhane (camp de vacances) à l’autre bout du monde (Israël était une terre lointaine à l’époque) et être totalement responsables d’un groupe de 25 à 30 adolescents à peine plus jeunes qu’eux.

Voici donc le moment d’évoquer les adultes qui nous ont accompagnés et guidés, à savoir les shlikhim (délégués de la direction israélienne) :

Haïm Bouyoum (fin des années 50, début des années 60), Rami et Zita (début des années 60), Yossef Milman (crise des études de 65)

Et en toute priorité pour nous les signataires de ce texte :

Reouven (ז"ל) et Léa Maayan (ז"ל) et Sami (ז"ל) et Daliah Kanner

Ils furent pour la plupart d’entre nous des personnalités de référence, déterminantes dans notre passage vers l’âge adulte.

Pour l’HHH, la deuxième moitié des années 60 marque la rupture (sans regret aucun) des « scories » de l’attachement à l’Union soviétique.

Après 1967, le mouvement « s’israélianise » avec notamment un goût marqué pour les chansons israéliennes contemporaines, telles celles du Hagashash Hakhiver et non plus seulement les vieux chants sionistes pionniers. Sans oublier tout le répertoire des chants du mouvement ouvrier (Les Canuts, Giroflé girofla…)

Nous étions un peu snobs, nous nous considérions comme une élite (et peut-être l’étions-nous ?) et quelque peu sectaires. Ceux qui quittaient le mouvement étaient assez mal considérés (c’est le moins qu’on puisse dire…).

Enfin, il fallait choisir : la alyah, oui ou non ? Le kibboutz, oui ou non ?

Beaucoup de ceux qui passèrent par l’Hashomer durant ces années vivent en Israël à présent ou y ont vécu une période plus ou moins longue de leur vie. Certains d’entre nous ont
« réalisé » (c’était l’expression utilisée à l’époque) et sont venus vivre au kibboutz durant des années. Une petite minorité y vit encore 50 ans plus tard, c’est-à-dire aujourd’hui, dans une version « édulcorée » du kibboutz.

Mission

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HHH Belgium

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